Presse

Article écrit par Francis Marmande pour le journal le "Monde" du 01 juillet 2016

NICOLAS FOLMER SEXTET À OLORON, LE DANSEUR FARRUCO À PAU, JAZZ ET
FLAMENCO EN BÉARN

« Sur la carte, le Béarn, c’est en bas à gauche », dit Minvielle, rappeur trublion gascon né à Pau. Moitié orientale des Pyrénées–Atlantiques, le Béarn à l’humble fierté, partage avec son voisin, le Pays basque, le privilège d’être défiguré dès qu’un quidam se mêle d’en imiter les accents superbes : « Nul n’est censé ignorer la Loire » (Minvielle, encore).

Nicolas Folmer, trompettiste et brio électronique, donne en sextet, le 24 juin une preuve de ce que son guitariste Olivier Louvel, nomme le free maîtrisé. Laurent Coulondre (claviers), Julien Herné (basse), Antoine Favennec (sax) complètent le sextet, autour d’un monstre de l’exactitude, Damien Schmitt (batterie). Tout un allant qui vient des frères Brecker, de Weather Report, et de tous ceux qui gardent du jazz la leçon stricte et le goût de l’ébullition.

À l’ouverture de cette 23 e édition de Jazz à Oloron (direction, Serge Dumont), le sextet de Nicolas Folmer indique l’ambition d’une programmation aussi soignée que reconnaissable : Shaï Maestro, Airelle Besson, Lisa Simone, Paolo Fresu, Lars Danielsson, Triosence, plus un Off trépidant. Exclusivité de l’été, le 3 juillet, M. Ron Carter, le contrebassiste du second quintet de Miles Davis (1964– 1968), se produira avec Russell Malone (guitare) et Donald Vega (piano). Ron Carter ! Du haut de cette légende, 50 ans dejazz contemporain et 2500 albums vous contemplent...

Pau, village flamenco
À huit lieues de là, Place royale, Pau se change en village flamenco : avec casetas, robes chic, sévillanes dansées entre les bodegas, calèches et chevaux andalous. Folklore ? Pas du tout. Le flamenco surgit là où sont les flamencos. Là où l’on sait chanter et danser. Enfants, hommes lourds, filles et garçons à se damner, jeunes autistes ou présentant quelque handicap, dames anciennes, couples, amies, copines, mômes, chacune, chacun a sa chance.

Johan, 28 ans, l’allure de Jimmy Scott, grosse malformation cardiaque, un talent fou, une afición de feu, vient de Tarbes en covoiturage : « J’aime danser, c’est ma passion. Une passion qui entre dans mon cœur. Ma mère, elle est d’origine espagnole. Quand je danse, elle trouve que ça fait trop gitan. Mais je me suis acheté le costume et les chaussures. » La forte présence espagnole dans la ville de Pau et la région, date de la Guerre d’Espagne et de l’immigration de labeur. Autour du Centre Culturel Espagnol, les associations sont aussi sonores qu’actives. Si fait qu’on ne s’étonne pas une seconde de retrouver le très classieux Angel Jiménez, maître de cérémonies et directeur du CCE, au four et au moulin, mais aussi bien au centre du groupe Alma Flamenca, le dimanche de clôture, vers 22h : chantant et jouant du cajón avec allégresse et maestria.

Dans le délicat théâtre Saint-Louis, le 25 juin, la Compagnie sévillane du danseur prodige « Farruco » vient d’offrir un moment flamboyant de la féria.Chance insensée de voir danser le dernier rejeton d’une dynastie, « los Farrucos ».

En présence de Gabriela Sanchez Canseco Vallejo, marraine du festival et épouse de Paco de Lucía, le festival rend un bel hommage au maestro de la guitare récemment disparu (1947–2014, Farruco fut son danseur). Notamment sous les doigts de son alter ego, Pascual Gallo, jouant à plusieurs reprises sans esbroufe, mais du fond de l’âme, les compositions du maître d’Algesiras : mineras, granaïnas, taranta et autres bulerias...

Après la projection de Paco de Lucía, la busquedad (la recherche), Pascual Gallo évoque son ami, son mentor : jamais on n’avait entendu une non–conférence, guitare posée sur le genou, aussi sensible, progressant d’idées en souvenirs, bouleversante sans jamais jouer sur l’émotion ou la chance de l’avoir connu.

Notre très diplomate taxi du retour peut réviser ses préjugés : « Vous avez joué ? Chanté, alors ? Dansé, fichu comme vous êtes, sûrement pas. » Il n’aura jamais vu Farruco l’Ancien. Ni Farruquito. Ni même leur voisin.

Article de Sud-Ouest/Mercredi 28/07/2010. Par Gérard Benquet
Une exposition consacrée à l’art taurin

L’ancien torero Juan Lafitte et Alain Deloi exposent jusqu’au 31 août.
Pour la première fois, ils exposent côte à côte. Samedi soir, en présence de très nombreux invités, ont été accrochées aux cimaises de l’espace Arte Rainbow, quatorze acryliques du Dacquois Juan Lafitte consacrées à la tauromachie très particulière.

Lui-même un ancien torero, éloigné du ruedo depuis une dizaine d’années par des ennuis de santé, il connaît donc particulièrement les grandeurs, servitudes et surtout misères du toreo. « C’est en regardant travailler mon ami Jacques Lasserre que j’ai eu envie de peindre… », commente-t-il.
Depuis, ses premières œuvres portent les stigmates de cette errance difficile et de cette longue quête de l’absolu. Après une exposition à Nice, les toiles qu’il présente à Dax totalement abstraites, d’autres figuratives « pour pénétrer l’aficion » ou à mi-chemin des deux factures extrêmes, semblent ne restituer qu’une impression d’optique, un concentré d’émotions. Lors du vernissage, un aficionado a dit de lui :
« Félicitations pour ton talent ! Le fait que tu sois descendu dans l’arène ne fait aucun doute en voyant tes toiles… »

EXPOSITION TOREADOR 2012 …

Une exposition itinérante consacrée à la tauromachie, qui durera deux ou trois ans. Se déroule en France, en Espagne et prochainement dans d’autres pays
Arles : Chapelle Sainte-Anne, Place de la république, du 25 mars au 25 avril.
Paris : Espace Baccarat, Place des Vosges du 25 mai au 31 mai. Exposition reportée en fin d’année, pour des raisons de sécurité.
Madrid : Plaza de toros de Las Ventas du 23 septembre au 16 octobre.
Séville : Casa de la Provincia en Février 2012
Cette exposition comprend plus de 180 exposants qui s’expriment sur la tauromachie, chacun selon son tempérament. Parmi les créateurs figurent de nombreux artistes de renom. Voici à titre d’exemple quelques noms
Jean-Michel Alberola, Eduardo Arroyo, Ben, Vincent Bioulès, Capdeville, Jean-Paul Chambas, Alain Clément, Lucien Clergue, Robert Combas, Hervé Di Rosa, Erro, Gérard Fromanger, Christian Lacroix, Jean Le Gac, Bernard Rancillac, Yves Reynier, Gérard Titus-Carmel, Claude Viallat, et,“bien entendu BMC”...

JUAN LAFITTE EXPOSE AU MARAIS

L’ancien torero Juan Lafitte devenu peintre, et qui a déjà exposé dans plusieurs ferias, expose ses œuvres à Paris depuis le 15 février dans la galerie Nicolas Flamel, rue Saint-Martin (3e arr.). Neuf toiles de grand format qui ont rencontré un succès immédiat dans ce quartier ô combien branché et si peu taurin. Dans l’œuvre de Juan Lafitte, toreo et flamenco se mêlent de manière récurrente pour offrir un résultat empreint d’onirisme et de poésie, dont le côté cathartique ne peut laisser personne indifférent. L’exposition est permanente. Juan Lafitte exposera ensuite pour la feria de pentecôte à Vic-Fezensac, puis à Bayonne pour les corridas d’août et septembre.André Viard sur www.terrestaurines.com(février 2013)